Armements: l'accès à des stands israéliens à nouveau interdit lors d'un salon en France
Douze stands d'entreprises israéliennes présentes au salon de la défense et de la sécurité Eurosatory, près de Paris, ont été fermés le jour de son ouverture lundi, un an après un incident similaire lors du salon aéronautique du Bourget.
Dans un contexte de tensions diplomatiques entre la France et Israël, les stands de ces entreprises ont été "fermés en raison du non-respect des conditions de participation définies par les autorités françaises", a indiqué la société organisatrice Coges Events dans une déclaration reçue par l'AFP.
"Coges Events, organisateur du salon Eurosatory (qui a lieu à Villepinte, en Seine-Saint-Denis, ndlr), se doit d'appliquer les décisions et directives édictées par les autorités françaises. Il résulte que 12 stands ont dû être fermés", indique dans cette déclaration le commissaire du salon biennal Charles Beaudouin.
Comme au salon du Bourget en 2025, le gouvernement français a interdit la présentation d'armes israéliennes dites offensives et restreint la participation des exposants israéliens "aux seuls matériels et produits participant exclusivement aux capacités de défense antiaérienne, antimissiles balistiques", rappelle-t-il.
Depuis 2024, le gouvernement français a interdit d'accès à plusieurs salons de défense certaines entreprises israéliennes actives dans la guerre à Gaza.
Le ministère israélien de la Défense a dénoncé "les exigences exaspérantes du gouvernement français". "C'est une mesure cynique, ni équitable ni étonnante, destinée à exclure la technologie israélienne — dont la qualité est prouvée chaque jour dans tout le Proche et le Moyen-Orient — d'une exposition internationale", a-t-il écrit sur X.
Treize sociétés israéliennes ont par ailleurs été autorisées à maintenir leur stand, a précisé à l'AFP Charles Beaudouin. Parmi elles, les trois poids lourds du secteur IAI, Elbit et Rafael, aucun n'exposant à la vue du public des maquettes d'armements, contrairement à des exposants d'autres pays, a constaté un journaliste de l'AFP.
Mais une dizaine d'autres stands, plus petits, étaient entourés de planches recouvertes de tissu gris, bloquant tout accès.
"C'est une honte et c'est inacceptable", a dénoncé devant l'un deux l'ambassadeur d'Israël en France Joshua Zarka.
"Il n'y a pas de systèmes offensifs qui sont présentés. A chaque fois, il y a une autre idée, une autre raison qui est présentée", a-t-il déploré auprès de l'AFP.
- "Technologies utilisées par la France" -
"Je vois les compagnies qui sont fermées et certaines d'entre elles ont des technologies qui sont utilisées par la France", a-t-il ironisé, évoquant "une technologie qui protège l'avion du président Macron et la plupart des avions de chefs d'Etat à travers le monde et cette technologie aujourd'hui n'aurait pas pu être présentée à cause des restrictions que le gouvernement français a décidé de mettre contre les industries israéliennes".
L'ambassadeur faisait référence au système de protection antimissile d'Elbit qui équipe l'A330 présidentiel français.
Pour Joshua Zarka, "au centre de cette décision, c'est surtout la crainte de la compétition avec Israël".
Israël a enregistré pour 2025 un record d'exportations de matériels de défense, avec 19,2 milliards de dollars (16,5 milliards d'euros), au coude-à-coude avec la France dont les exportations devraient s'établir "autour de 20 milliards d'euros", selon la ministre française des Armées Catherine Vautrin.
Dans son stand désormais fermé, Amit Manor, patron d'Amit Industries, une entreprise de 50 salariés, se dit "surpris" et affirme ne produire que des batteries électriques utilisés aussi bien pour des drones, que les systèmes de communications ou des robots mais "aucune arme".
Une équipe de vérification est passée sur le stand ces derniers jours sans problème relevé, selon lui. Il n'a reçu un courriel l'informant de la fermeture de son stand que lundi au petit matin.
"Je ne comprends pas", confie-t-il à l'AFP. Il a décidé il y a huit mois de participer au salon et le gouvernement français n'a édicté ses conditions qu'"il y a deux semaines".
Selon lui, Coges Event avait "anticipé ce genre de problème", en stipulant dans le contrat avec l'exposant qu'une telle fermeture ne pourrait faire l'objet d'un remboursement du coût de la location.
C.Nam--SG