Edouard Geffray à Bordeaux avant une nouvelle réunion avec les organisations lycéennes
Après plusieurs semaines de mobilisation, des établissements sont encore bloqués jeudi avant la troisième réunion, dans l'après-midi, entre les organisations lycéennes et le ministre de l'Education nationale pour aborder une nouvelle fois les problèmes de bâti scolaire, Parcoursup et les emplois du temps.
Ralliement inédit, "une vingtaine d'étudiants" d'HEC, selon la préfecture et un étudiant présent, se sont stationnés devant la prestigieuse école de commerce avec des pancartes en soutien aux lycéens. L'action "va se poursuivre dans la matinée" mais "on n'a pas prévu de rester toute la journée", a indiqué à l'AFP un étudiant, Baptiste Hernandez.
"Ce ne sont pas forcément les élèves qui font ça, a déclaré le proviseur Thierry Malewicz. On se heurte à une frange, ce ne sont pas des individus qui sont à l'écoute, ni dans le dialogue".
"Le dialogue existe, il a déjà débouché, mais les gens qui font ça (...), c'est des criminels. Tenez bon !", a lancé le ministre, avant de remercier les personnels qui ont "sauvé des jeunes", mais "aussi des adultes".
- "Enlevez Parcoursup" -
Dans le Rhône, 13 lycées à Lyon et son agglomération et trois universités sont également bloqués, selon la préfecture. La police a procédé à six interpellations.
A Toulouse, des blocages perdurent, comme au lycée Berthelot. Sur les poubelles qui bloquent l'entrée principale de l'établissement, des pancartes martèlent quelques slogans : "Edouard, tu nous Geffray pas", "Enlevez Parcoursup sinon on vend des stups !" ou "Lancez des profs pas des lacrymos !".
Une AG matinale notamment sur l'avenir de la mobilisation s'organise dans une ambiance bon enfant. "Il y a l’idée de faire des AG pendant les vacances, y a aussi notre participation au cortège du 17 octobre et pour après les vacances, la proposition de bloquer un ou deux jours par semaine, mais par surprise", explique à l’AFP Mohammed, un élève du lycée.
Mais de l’autre côté de la Garonne, la situation est plus tendue devant les lycées bloqués Déodat de Severac et des Arènes, avec poubelle brûlée, CRS en tenue anti-émeute et brefs mouvements de foule. Lors de l’un d'entre eux, une jeune femme plaquée au sol par des policiers en civil a été interpellée, a constaté l’AFP.
A Nancy, un lycée a été fermé et son proviseur placé sous protection après que des "menaces de violence formulées par écrit" ont été reçues, selon le rectorat.
- 'Ras-le-bol" -
"Laminés", les proviseurs sont appelés par leur principal syndicat à une "opération rideaux" jeudi après-midi, consistant à ne gérer que les urgences, pour signifier leur "ras-le-bol".
La réunion entre Edouard Geffray et les organisations lycéennes se fera finalement en visioconférence à 17H30.
"On attend des choses concrètes sur Parcoursup, le bâti scolaire, les emplois du temps", rappelle à l'AFP Pierre Sourzat, représentant de Les Lycéens!, déplorant n'avoir eu que des "miettes" jusqu'à présent.
A l'issue de la précédente réunion, jeudi 8 octobre, son association et l'Union syndicale lycéenne (USL) s'étaient dites insatisfaites. L'annonce peu après du redéploiement de 3.000 enseignants titulaires remplaçants, associé à l'embauche de contractuels ne les avait pas convaincus non plus.
Le représentant de Renouveau lycéen, Nathanaël Combary (également adhérent du parti Renaissance) avait, lui, salué "quelques avancées", notamment sur la représentativité des lycéens dans des instances consultatives.
Le gouvernement s'est dit prêt à travailler sur l'accompagnement lors de l'orientation au lycée et à des modifications de la plateforme Parcoursup, mais refuse de supprimer le système actuel.
Parti d'un établissement de banlieue parisienne le 17 septembre, le mouvement des lycéens s'est propagé en France, soutenus par des organisations étudiantes et syndicales.
Depuis le début du mouvement, sur les 3.700 lycées français, un tiers n'a "jamais été perturbé", un tiers "a connu une perturbation très modérée sur une durée très limitée", et un tiers des lycées a connu "une perturbation plus importante", selon Édouard Geffray mercredi.
Le syndicat de police Alliance a annoncé mercredi soir déposer "une plainte contre l’État pour mise en danger de la vie d'autrui", dénonçant les "injonctions contradictoires" faites aux policiers, "exposés à la violence et livrés à la vindicte", dans le cadre du mouvement lycéen.
Depuis le début de la contestation, "près de 900" policiers et gendarmes ont été blessés selon le ministère de l'Intérieur, tout comme plus de 200 lycéens et près de 150 personnels de l'Education. 36 enquêtes ont été ouvertes par la police des polices dont quatre concernent des "blessures mutilantes" et six des "blessures significatives".
Le gouvernement table sur les vacances scolaires pour provoquer son essoufflement, mais des organisations de jeunesse appellent à rejoindre la mobilisation samedi avec des gilets jaunes.
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R.Song--SG