L'Otan avertit la Russie que toute attaque sera "totalement vaine"
L'Otan mettra tout en oeuvre pour qu'une attaque contre l'un de ses membres soit "totalement vaine", a averti lundi son principal chef militaire, au moment où les inquiétudes grandissent face à la menace russe.
"Si quelqu'un est assez insensé pour nous attaquer, nous nous battrons. Nous arrêterons l'attaque et nous leur refuserons la possibilité d'atteindre leurs objectifs, quels qu'ils soient. En bref, nous veillerons à ce que toute attaque contre n'importe quel allié se révèle totalement vaine", a-t-il déclaré lors d'un forum sur la Défense à Varsovie.
Dans un discours très attendu, M. Grynkewich a présenté sa "théorie de la victoire" sur la meilleure façon de battre la Russie en cas d'attaque, assurant toutefois qu'aucun conflit n'était imminent et que tout était fait pour éviter un malentendu.
"Je ne considère pas qu'un conflit soit imminent ou inévitable. Il ne l'est pas", a-t-il affirmé.
"Nous contribuons à éviter le conflit en formulant clairement nos intentions défensives et en maintenant des lignes de communication ouvertes afin de résoudre les malentendus et de favoriser la transparence."
Des services de renseignement, dont ceux du Danemark, ont toutefois jugé possible une attaque de la Russie contre l'Otan, même si elle restait improbable.
"Mais dans ce cas, ma théorie de la victoire est simple : nous bloquerons l'attaque initiale", a expliqué le général Grynkewich.
Et si "l'attaque se poursuit, nous l'endiguerons et empêcherons l'ennemi d'avancer", a-t-il assuré. Enfin, si nécessaire, "nous briserons les forces de l'ennemi ainsi que le système opérationnel de conduite de la guerre déployé contre nous".
Mais, a-t-il aussi expliqué, l'Otan ne cherchera pas à provoquer une "escalade", en référence apparente à l'utilisation d'armes nucléaires. En cas d'attaque, "le fardeau de l'escalade reposerait entièrement sur l'agresseur, lui, et lui seul, assumerait tout le poids moral, politique et stratégique de la décision de le faire", a-t-il déclaré.
- "Alliance défensive" -
Et de rappeler que l'Otan était une "alliance défensive", qui n'a pas vocation à attaquer quiconque. Mais, a-t-il averti, "personne ne doit confondre notre nature défensive avec de la faiblesse ou un manque de détermination".
"Qu'il n'y ait aucun doute : si la guerre vient, nous bloquerons, nous étoufferons toute attaque, et ensuite, si elle ne cesse pas, nous briserons les forces qui mènent l'agression contre nous", a-t-il résumé.
Les craintes se sont accrues ces derniers mois, le Kremlin semblant intensifier ses actions après plusieurs incidents très médiatisés, notamment la découverte d'un drone chargé d'explosifs dans un aéroport allemand.
Interrogé sur ces attaques "hybrides", le général Grynkewich a expliqué qu'il était crucial que les pays membres de l'Alliance disent à la Russie, dans un message "clair et concis" où sont situées ses "lignes rouges" à ne pas franchir.
L'Otan espère dissuader la Russie en l'accusant d'en être responsable à chaque fois que cela est possible, et en l'assurant de représailles, dont certaines, selon l'Alliance, ne peuvent pas être rendues publiques.
L'Otan, dont le rôle principal est de dissuader une invasion armée venant de Russie, a eu du mal à trouver comment gérer ces incidents intervenant en zone grise, sous le seuil de ce qui est considéré comme un acte de guerre ou une opération militaire - par exemple un incendie volontaire ou un sabotage.
Le chef civil de l'Otan, le secrétaire général Mark Rutte, a appelé les pays membres fin septembre à rester "calmes, continuer comme avant et soutenir l'Ukraine". "Nous ne devons pas être naïfs (...) concernant la Russie, mais nous sommes plus forts et ils le savent", a-t-il ajouté.
Cette recrudescence des activités russes survient à un moment de vulnérabilité potentielle pour l'Europe : les États-Unis procèdent actuellement à un réexamen de leur déploiement militaire sur le continent, qui pourrait mener à des réductions des effectifs américains. La décision doit être annoncée à la fin de l'année.
Parallèlement, les pays européens renforcent à la hâte leurs forces armées, poussés par les incertitudes quant à la fiabilité des États-Unis de Donald Trump.
U.Moon--SG