Présidentielle: Retailleau tient meeting, en quête de dynamique avant l'été
Le candidat des Républicains à la présidentielle Bruno Retailleau, qui stagne dans les sondages, tient samedi à Paris son premier meeting pour insuffler une dynamique à sa campagne afin de jouer des coudes à la rentrée avec Edouard Philippe ou Gabriel Attal et faire oublier les divergences internes.
Le patron des LR doit s'exprimer dans l'après-midi au Parc Floral, dans le Bois de Vincennes, où plus de 4.000 personnes sont attendues dans une salle climatisée en cette journée de grande chaleur.
Il devrait s'exprimer au moins pendant une heure, sans lire son discours comme il en a l'habitude, lors de ce rendez-vous déterminant pour lui, conscient qu'une performance en demi-teinte pourrait le mettre définitivement hors course.
Parmi les trois candidats déclarés de droite et du centre, le sénateur de Vendée est aujourd'hui le moins bien classé et fait du surplace à 9% des intentions de vote, une performance qui double toutefois celle de Valérie Pécresse en 2022 (4,78%).
Ancien et populaire ministre de l'Intérieur sous Michel Barnier et François Bayrou, Bruno Retailleau va tenter d'élargir son électorat. Il parle lui-même du besoin de "désocler" pour "rassembler les Français".
Déterminé à tourner la page de "l'en-même-temps" macroniste et convaincu que la majorité des Français attendent une politique de droite, il doit s'efforcer de sortir de la "case réac où nos adversaires tentent de nous enfermer", explique l'un de ses soutiens. En clair, séduire au-delà de LR pour que sa "courbe croise celle d'Edouard Philippe à l'automne", comme il l'affirme lui-même.
Il s'est d'ailleurs employé au cours des derniers mois à parler à un électorat plus large en promettant notamment de "mieux rémunérer le travail", de réduire drastiquement la facture d'électricité ou un "choc d'offre" pour mettre un million de logements supplémentaires sur le marché pendant son quinquennat.
Des mesures qui pour l'instant n'ont pas rencontré l'impact espéré dans l'opinion publique et qu'il va s'efforcer de relancer dans son discours en s'engageant à "remettre la France à l'endroit".
- Voix dissonantes -
"Lors de ce meeting, j'attends un homme face au pays qui lui dit ce qu'il a à lui dire", affirme un ténor du parti. Il sera assis au premier rang et attend du Vendéen "qu'il explique que l'ordre qu'il va ramener sera bénéfique pour tout le monde".
Un premier rang sur lequel se concentreront tous les regards pour identifier les présents, mais aussi les absents au sein d'un parti qui a frôlé à plusieurs reprises la disparition au cours des dernières années et qui s'est caractérisé par la dispersion de ses leaders.
L'image d'une "famille politique unie" sera certes donnée par les présences annoncées du président du Sénat Gérard Larcher, de la présidente de l'Ile-de-France Valérie Pécresse ou de l'ex-Premier ministre Michel Barnier qui a mis le Vendéen sur orbite il y a deux ans en le nommant à Beauvau, ou encore de François Baroin, figure emblématique de la droite.
Mais cette unité est mise à mal par les absences annoncées de Laurent Wauquiez, le patron des députés LR, qui plaide pour une primaire ouverte afin de désigner un candidat unique à droite ou celle de Xavier Bertrand, qui nourrit des ambitions présidentielles et demande à Bruno Retailleau de "clarifier" sa relation avec le RN. Sans oublier les six membres du gouvernement de Sébastien Lecornu suspendus du parti.
Bruno Retailleau croit en ses chances, convaincu qu'il "n'y aura pas de saison 3 du macronisme" et que les Français ne porteront pas au pouvoir un ex-Premier ministre d'Emmanuel Macron, même si lui-même a fait partie du gouvernement.
Réitérant à longueur de campagne qu'il a été un ministre de "cohabitation", il pourrait profiter du meeting pour mettre en avant ses divergences avec la macronie, avec la présence non confirmée pour l'instant de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal.
Quand il se trouvait à Beauvau, Bruno Retailleau n'a cessé de s'écarter de la ligne d'Emmanuel Macron pour exiger un "rapport de force" avec le régime algérien afin d'obtenir sa libération.
W.Sim--SG