Ukraine: Zelensky accuse la Russie de "terrorisme nucléaire" 40 ans après Tchernobyl
Volodymyr Zelensky a accusé la Russie de "terrorisme nucléaire" à l'occasion du 40e anniversaire de l'accident de Tchernobyl dimanche, alors que l'Ukraine connaît de nouvelles frappes meurtrières russes.
Sur les réseaux sociaux, le président ukrainien a affirmé que Moscou, en déclenchant l'invasion de l'Ukraine en février 2022, était "une nouvelle fois en train de mener le monde au bord d'une catastrophe provoquée par l'homme"
"Le monde ne doit pas permettre que ce terrorisme nucléaire se poursuive, et la meilleure façon d'y mettre fin est de contraindre la Russie à stopper ses attaques irresponsables", a-t-il dit.
Des drones russes survolent régulièrement Tchernobyl, a-t-il fait valoir, rappelant que l'un d'eux avait percuté --et endommagé-- l'an dernier sa coque de protection.
Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a appelé à ce que cette "nouvelle enceinte de confinement" installée en 2016-2017 soit réparée "dès que possible".
"Laisser la situation en l'état est problématique", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Kiev.
La présidente moldave Maia Sandu est également arrivée dans la capitale ukrainienne où elle a rencontré Volodymyr Zelensky, et doit se rendre à Tchernobyl pour rendre hommage aux victimes de la catastrophe.
"Les catastrophes ne connaissent pas de frontières, la solidarité ne devrait pas en avoir non plus. La Moldavie se tient aux côtés de ceux qui construisent, pas de ceux qui détruisent", a-t-elle écrit sur le réseau X.
Dû à des erreurs de conception et de manipulation, l'accident de la centrale --alors soviétique-- de Tchernobyl, le 26 avril 1986, est la pire catastrophe nucléaire civile de l'histoire.
Le désastre a fait des milliers de morts, exposé à de fortes doses de radiations quelque 600.000 personnes ayant participé au nettoyage du site, provoqué le déplacement de millions de civils et déclenché une montée des mouvements antinucléaires en Europe.
La région autour de Tchernobyl offre aujourd'hui un spectacle de désolation avec des villes fantômes, des bâtiments en décomposition envahis par la végétation, des champs et forêts abandonnés, a constaté l'AFP.
L'agence nucléaire russe Rosatom a appelé à "tirer les leçons de cette expérience dans chacune des décisions que nous prenons aujourd'hui, afin d'éviter qu'une catastrophe similaire ne se reproduise".
Moscou et Kiev s'accusent régulièrement de cibler une autre centrale nucléaire ukrainienne, celle de Zaporijjia, la plus grande en Europe, dans une zone aujourd'hui occupée par les troupes russes.
- Ville pilonnée --
De nouvelles frappes russes ont fait cinq morts à Kramatorsk, ville de l'est située à proximité de la ligne de front, dans la région de Soumy (nord-est) et dans celle de Dnipropetrovsk (centre-est), ont annoncé les autorités ukrainiennes dimanche.
Samedi, la ville industrielle de Dnipro avait été pilonnée par des vagues de frappes russes pendant plus de 20 heures, faisant au moins neuf morts et 61 blessés, selon un nouveau bilan fourni par le chef de l'administration militaire, Olexandre Ganja.
Disant avoir agi en réponse à des attaques ukrainiennes, la Russie a de son côté indiqué avoir mené une "frappe massive" contre "des installations du complexe militaro-industriel et du secteur énergétique, ainsi que des infrastructures portuaires".
En riposte aux bombardements russes sur son territoire depuis quatre ans, l'Ukraine envoie chaque nuit des drones ou des missiles en direction de la Russie, ciblant particulièrement les installations énergétiques.
Dans la péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014, et dans la région de Lougansk quasi complètement occupée par les troupes russes, les autorités locales ont fait état de quatre morts dans des frappes de drones ukrainiens.
Dans la nuit de samedi à dimanche, la défense antiaérienne russe a abattu 203 drones ukrainiens, selon le ministère de la Défense, un nombre très élevé par rapport à la moyenne.
Selon le gouverneur nommé par Moscou, Mikhaïl Razvojaïev, l'armée russe a en particulier intercepté 71 "cibles aériennes" à Sébastopol, important port de Crimée qui abrite la base historique de la flotte russe en mer Noire.
Les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale sont au point mort.
Le rôle de médiation des Etats-Unis, qui a permis plusieurs cycles de négociations entre Kiev et Moscou, a été suspendu par le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février.
A.Kim--SG