Trump au Capitole en mode contre-attaque
Bousculé par la Cour suprême, malmené dans les sondages, Donald Trump voudra contre-attaquer mardi soir au Capitole, avec un "discours sur l'état de l'Union" qui sera aussi une harangue de campagne, quelques mois avant des législatives à haut risque pour le président américain.
Habitué à gouverner sans entraves depuis son retour au pouvoir, le républicain de 79 ans verrait sa marge de manoeuvre réduite et son autorité sapée si son parti perdait le contrôle du Congrès lors des "midterms" de novembre.
Dans l'hémicycle, les élus conservateurs de la Chambre des représentants et du Sénat jaugeront ce chef à l'impopularité croissante, mais qu'ils n'osent jusqu'ici pas contredire, à de rares exceptions près.
Quand il livrera à 21H00 locales (02H00 GMT mercredi) le premier "discours sur l'état de l'Union" de son second mandat, Donald Trump aura fort à faire pour convaincre les Américains que "l'âge d'or" promis lors de son investiture est à portée de moain.
- Cour suprême -
Selon un sondage YouGov/Marketwatch publié mardi, près de 47% des personnes interrogées jugent que leur pouvoir d'achat s'est dégradé depuis que Donald Trump est revenu au pouvoir, 36% qu'il a stagné et 18% qu'il s'est amélioré.
Le président entend pourtant exposer aux deux chambres du Congrès que l'Amérique est "forte, prospère et respectée", tout en vantant "les nombreuses réussites exceptionnelles" de son gouvernement, a dit Karoline Leavitt, la porte-parole de la Maison Blanche.
L'ancien promoteur immobilier fait reposer sa promesse de prospérité et de rayonnement international essentiellement sur un outil: les droits de douanes.
Or la Cour suprême vient de lui infliger un coup majeur en invalidant une bonne partie des taxes douanières dont il a assommé les partenaires commerciaux des Etats-Unis.
Ses neuf juges - dont certains ont essuyé des attaques d'une violence inédite de la part de Donald Trump - seront au premier rang pour son discours, un temps fort de la vie politique américaine, au rituel immuable.
- Hockey et Epstein -
"Il y aura des moments émouvants" ainsi que "des moments plus légers", a aussi déclaré mardi Karoline Leavitt.
Donald Trump a invité l'équipe masculine de hockey des Etats-Unis, qui vient de remporter l'or olympique, espérant certainement capter un peu de leur aura victorieuse.
Les joueuses de l'équipe féminine, également championnes olympiques, ont elles décliné l'invitation du président américain, à la rhétorique souvent sexiste et viriliste.
Il a aussi convié Erika Kirk, veuve de l'influenceur pro-Trump Charlie Kirk, assassiné en septembre et considéré depuis comme un "martyr" par la droite nationaliste et chrétienne.
Certains parlementaires démocrates ont pour leur part invité des victimes de l'ancien financier Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019 avant son procès pour crimes sexuels.
L'amitié passée de Donald Trump avec Jeffrey Epstein et sa réticence à publier le dossier consacré à cette affaire politico-judiciaire mondiale ont déçu certains partisans de son mouvement MAGA ("Make America Great Again").
- Iran -
Pour prononcer le traditionnel discours de réponse à Donald Trump, le parti démocrate a choisi la nouvelle gouverneure de Virginie, Abigail Spanberger, élue l'an dernier après une campagne pragmatique et centriste.
Les pays alliés et rivaux des Etats-Unis guetteront eux tout indice sur les intentions de l'imprévisible commandant en chef en Iran, mais aussi à Cuba ou en Ukraine.
Donald Trump, ancien animateur de téléréalité qui préfère les improvisations sans filtre aux contraintes d'un téléprompteur, avait battu des records en mars 2025 avec une allocution de politique générale d'environ une heure quarante.
Un an plus tard, il est peu probable que le président américain fasse dans la brièveté ou signale un réal changement de cap.
Sur l'inflation, il affirme avoir réglé le problème et promet de généreux coups de pouce fiscaux.
Sur les droits de douane, il martèle que ni la Cour suprême, ni le Congrès ne l'empêcheront de lever de nouvelles taxes douanières.
En matière d'expulsions de sans-papiers, le gouvernement a mis fin aux opérations massives de la police de l'immigration à Minneapolis (nord), après la mort de deux manifestants tués par des agents fédéraux. Mais Donald Trump n'a pas remis fondamentalement en question sa politique anti-immigration, dont la brutalité heurte nombre d'électeurs.
N.Son--SG