L'ouragan Isaias se renforce en catégorie 3 à l'approche du sud des États-Unis
L'ouragan Isaias s'est renforcé vendredi en ouragan "majeur" de catégorie 3 sur une échelle de cinq à l'approche du sud des États-Unis, qu'il pourrait frapper de plein fouet dans la soirée ou samedi matin.
Avec des vents soutenus de 195 km/h, Isaias atteint désormais la catégorie 3 de l'échelle de Saffir-Simpson, a annoncé le Centre national américain des ouragans (NHC).
Il devrait toucher terre en Floride, en Alabama ou au Mississippi entre vendredi soir et samedi, selon les météorologues américains, entraînant des vents destructeurs, des vagues violentes et des pluies colossales qui font craindre d'importantes inondations et dégâts matériels.
Face aux risques, les autorités américaines ont déjà annoncé de premières évacuations dans les zones littorales et s'attendent à de fortes perturbations dans le secteur des hydrocarbures dans le Golfe du Mexique.
"Nous prenons cette tempête très, très au sérieux", a assuré vendredi matin le gouverneur de Floride Ron DeSantis lors d'une conférence de presse, disant s'attendre à des "dégâts considérables" sur la côte.
Isaias est le premier ouragan de la saison dans l'Atlantique, où l'activité cyclonique, qui a débuté le 1er juin et s'étire jusqu'à fin novembre, a été inhabituellement calme en raison du phénomène climatique El Niño.
El Niño modifie la circulation atmosphérique à grande échelle, avec des effets opposés autour du globe terrestre. Dans l'Atlantique tropical, il tend à renforcer le cisaillement des vents, ce qui bloque la formation des cyclones malgré des océans très chauds.
"Isaias va être un ouragan dangereux, avec une importante marée de tempête, des vents néfastes et des crues causées par les précipitations quand il va atteindre le rivage septentrional du Golfe du Mexique, entre vendredi et samedi", a averti le Service météorologique national des États-Unis.
- Pétrole et gaz touchés -
Plusieurs aéroports en Floride ont prévu de cesser temporairement les vols et de nombreuses plates-formes pétrolières, appartenant notamment aux compagnies Chevron et Shell, devraient être évacuées.
Environ les deux tiers des capacités de production de pétrole de la région et plus de la moitié des capacités de production de gaz sont suspendues, selon des données rendues publiques jeudi par l'administration américaine responsable de la gestion du pétrole, du gaz naturel et des minéraux. Soit près de 1,3 million de barils quotidiens retranchés du marché mondial.
Les régions sur le passage d'Isaias pourraient enregistrer de 10 à 20 centimètres de précipitations, avec des pics atteignant 38 centimètres dans certaines zones, ont prévenu les experts.
Le Service météorologique national des États-Unis a appelé les habitants des zones susceptibles d'être touchées à "terminer rapidement" les préparatifs visant à protéger les bâtiments de la montée des eaux et des vents violents.
À l'opposé de l'Atlantique, plusieurs ouragans se sont déjà formés dans le Pacifique cette année, dont Polo, un puissant ouragan de catégorie 5 (le niveau maximal).
L'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) confirme qu'El Niño, qui se reproduit tous les deux à sept ans sous l'effet du réchauffement des eaux de surface de la mer, tend à l'inverse, à accroître la formation des ouragans dans le Pacifique.
Dans l'Atlantique, une saison moyenne compte sept ouragans, dont trois majeurs.
T.Gil--SG