Affaire Lyhanna: Jérôme Barella interrogé par un juge d'instruction à Agen
Jérôme Barella, principal suspect dans l'affaire Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée morte le 4 juin dans le Gers, est entendu mercredi à Agen par un juge d'instruction qui devra statuer sur une nouvelle mise en examen pour meurtre et viol.
Commencée vers 9H30, l'audition a repris en début d'après-midi, après une pause à la mi-journée.
Cet intérimaire de 41 ans, interpellé par les gendarmes le lendemain de la disparition de la collégienne fin mai, avait déjà été entendu par un juge d'instruction à la suite de sa garde à vue, le 1er juin, et mis en examen pour "enlèvement et séquestration". Il avait alors gardé le silence, refusant de répondre aux questions du magistrat.
Après l'autopsie du corps de Lyhanna, dont les résultats ont été connus le 24 juin, le procureur d'Agen Olivier Naboulet avait demandé sa mise en examen "pour meurtre et viol sur mineure de quinze ans" dans le cadre d'un réquisitoire supplétif.
- Perquisition -
La convocation devant le juge d'instruction, révélée par BFMTV, intervient après une perquisition, le 6 juillet au domicile de Jérôme Barella dans le village de Montestruc-sur-Gers, menée par les gendarmes de la section de recherche de Toulouse.
Sollicitées par l'AFP peu avant la reprise de l'audition, les avocates de Jérôme Barella, Sandra Vazquez et Eléonore Paré, ont répondu qu'elles ne s'exprimeraient pas mercredi.
Après sa mise en examen le 1er juin, M. Barella a été placé en détention provisoire. Depuis lors, il est incarcéré à la prison de Mont-de-Marsan, à l'isolement.
Les faits se sont déroulés dans le Gers mais le parquet d'Auch a transmis le dossier au pôle criminel du tribunal judiciaire d'Agen.
L'enquête a débuté le vendredi 29 mai quand les parents de Lyhanna ont signalé sa disparition. Elle a été vue pour la dernière fois ce jour-là en train de monter dans la voiture de Jérôme Barella à la sortie de son collège à Fleurance, dans le Gers.
Un vaste dispositif de recherches a été mis en oeuvre par la gendarmerie dans les environs de Fleurance. Le corps de l'enfant a finalement été retrouvé le 4 juin dans un silo agricole désaffecté situé dans un village voisin, un site dans lequel Jérôme Barella avait travaillé.
L'autopsie n'a pas permis de déterminer "avec certitude", selon le parquet d'Agen, la cause du décès de la fillette mais a permis d'établir que Lyhanna a été violée.
La mort de Lyhanna a provoqué un émoi considérable et déclenché une vague de colère et d'émotion. Le principal suspect avait déjà été mis en cause dans plusieurs affaires de violences sexuelles mais n'avait jamais été interpellé ou convoqué.
L'affaire Lyhanna a révélé des dysfonctionnements des services d'enquête, notamment lors du traitement d'une plainte déposée en août 2025 par la mère de Rosa, une enfant également âgée de 11 ans accusant Jérôme Barella de viols répétés.
Diligenté après la mort de Lyhanna, un pré-rapport d'une mission d'inspection dévoilé le 22 juin évoque "des défaillances de suivi, de coordination et de pilotage" de l'enquête.
Partout en France, des citoyens se sont mobilisés devant les tribunaux contre les violences sexuelles à l'appel d'associations féministes et de défense des enfants.
Le 4 juillet, des milliers de manifestants, dont de nombreuses familles avec enfants, se sont à nouveau rassemblés partout en France, réclamant au gouvernement une loi globale pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants.
Dans le sillage de cette affaire, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avait demandé le réexamen en urgence -au plus tard le 14 juillet- de 70.000 plaintes concernant des violences sur mineurs. Le ministère doit communiquer mercredi soir à ce propos.
I.Do--SG