Canicule en France: les acteurs du tourisme s'adaptent, sans craindre de coup de froid sur la fréquentation
La Tour Eiffel fermant plus tôt ou Dunkerque gagnant en popularité grâce à sa relative fraîcheur: face aux fortes chaleurs dont souffre l'Europe, les acteurs du tourisme en France cherchent à s'adapter, sans anticiper pour autant de coup de froid sur la fréquentation des sites.
Du côté des hôteliers, la canicule modifie un peu la donne. "On a remarqué depuis quelque temps des réservations de dernière minute. Cela augmente avec cette météo", explique à l'AFP l'hôtelier Valentin Prudon, président de l'Union des métiers de l'hôtellerie restauration (Umih) pour la Corrèze.
La fraîcheur dans les établissements est devenue une préoccupation majeure, souligne ce gérant de l'hôtel Europa à Maussac. "C'est devenu un critère de choix pour nos clients", qu'il s'agisse de privilégier des destinations réputées plus froides ou "des établissements équipés de climatisation ou d'autres moyens de refroidissement".
Dans son établissement non climatisé, une chambre témoin permet de tester diverses mesures telles qu'un ventilateur de plafond. "Bon nombre" d'hôteliers réfléchissent au moyen de "rafraîchir (les) chambres", indique-t-il, "c'est un sujet que l'on a tous actuellement".
La plateforme observe aussi un changement dans les destinations prisées. Depuis le début de la seconde vague de chaleur, concernant les deux derniers week-ends de juin, les recherches ont bondi en Normandie de 170% à Trouville et 150% à Dieppe, ou encore de 55% à Dunkerque, dans le Nord.
Le réseau d'hébergements Gîtes de France indique lui à l'AFP ne pas noter "de réel impact sur les réservations dernière minute" liées à la canicule. Mais il évoque de nombreux appels pour savoir si les hébergements réservés pour cet été sont bien climatisés ou équipés de ventilateurs.
Pour les sites touristiques, l'heure est à l'adaptation. Mardi, le Mont-Saint-Michel, site le plus visité de France hors région parisienne, a ainsi conseillé aux visiteurs de reporter leur venue en raison de la canicule.
- Le soleil, malgré tout -
A Paris, la Tour Eiffel et le musée du Louvre ont avancé leur heure de fermeture. Les grandes serres du Jardin des Plantes sont fermées, tout comme sa Ménagerie, notamment pour préserver les personnels de la chaleur, a expliqué le Muséum d'Histoire naturelle à l'AFP. La Réserve zoologique de la Haute-Touche, dans l'Indre, est également close.
Le château de Versailles et ses jardins ont aussi adapté leurs horaires avec des fermetures plus tôt dans la journée. Et certaines salles du château peuvent être fermées en fonction de la chaleur en journée, précise-t-il, en invitant les visiteurs à privilégier les zones ombragées du domaine, dont l'Orangerie exceptionnellement ouverte tous les après-midis.
Du côté des parcs d'attraction, on s'adapte aussi. Disneyland Paris encourage les visiteurs à privilégier les attractions climatisées en intérieur, tandis que certaines attractions sont temporairement fermées, et les visiteurs bénéficient de conditions de remboursement flexibles.
Au Parc Astérix, quelques attractions sont également closes de façon temporaire. "Nous avons fermé les arènes où il n'y a pas de climatisation. En compensation, il y a plus de personnages qui tournent, mais les employés font des pauses plus fréquentes", a-t-on précisé à l'AFP.
Concernant les réservations cet été, les acteurs du tourisme n'anticipent pas de remise en cause de la fréquentation touristique ni de changement majeur.
"Quand il fait très froid, les gens aiment aller au soleil. Mais quand il fait très chaud, ils aiment toujours aller au soleil", sourit Laurent Abitbol, président du directoire des agences de voyages Selectour. Ce dernier concède juste une petite baisse des voyages d'affaires actuellement en raison de la canicule.
"Les épisodes caniculaires ponctuels ont généralement un effet limité sur les réservations déjà engagées, en particulier pour les clientèles internationales ou les long-courriers", abonde l'agence Choose Paris Région, qui promeut le tourisme en Ile-de-France.
Du 15 au 19 juin par exemple, la fréquentation touristique à Paris et dans sa région a progressé de 21% par rapport à un an plus tôt.
Mais la canicule peut avoir un effet plus visible sur les comportements de dernière minute et les excursions à la journée, précise l'agence.
H.Yoon--SG