Ligue 1: Marseille sans défense
Pour le cinquième match consécutif, l'OM a encaissé au moins deux buts mercredi lors de son élimination de la Coupe de France par Toulouse, un adversaire que Marseille retrouve samedi en Ligue 1 et contre lequel il va falloir enfin retrouver de la solidité.
Fragile avec Roberto De Zerbi, fragile avec Pancho Abardonado, fragile avec Habib Beye, fragile dans la profondeur, en transition, sur les côtés, sur coups de pied arrêtés comme on l'a encore vu mercredi contre Toulouse et même sur les touches, l'OM est fragile partout et à peu près tout le temps.
Depuis le début de l'année 2026, les Olympiens ont ainsi encaissé 28 buts en 14 matches pour une moyenne de deux buts tout rond par rencontre, évidemment intenable pour un club qui a des ambitions.
Sur la séquence, trois équipes seulement n'ont pas réussi à marquer deux fois face aux Marseillais: Lens (victoire 3-1 de l'OM), les amateurs de Bayeux (9-0) et... le Rennes de Habib Beye (3-0).
Cette faiblesse semble inexplicable pour un secteur renforcé cet été et composé d'un gardien champion du monde (Geronimo Rulli), de deux internationaux argentins (Facundo Medina et Leonardo Balerdi), d'un Bleu confirmé (Benjamin Pavard), du vice-capitaine du Maroc (Nayef Aguerd) et d'éléments habitués au très haut niveau en club comme en sélection, à l'image de Timothy Weah ou Emerson.
- Pas de doute -
Mais à l'exception peut-être de Weah, aucun de ces éléments ne traverse actuellement une très bonne période et le chantier semble immense, surtout à ce stade de la saison.
"Je comprends la frustration des supporters. Honnêtement, moi aussi je suis fatigué de répéter toujours +travailler, travailler...+", a lâché mercredi soir Facundo Medina, manifestement totalement écoeuré par les deux buts encaissés sur corner par son équipe.
"Mais c’est la réalité. Il faut être honnête avec nous-mêmes, prendre nos responsabilités et faire encore plus d'efforts", a ajouté l'ancien Lensois.
Alors que l'objectif Coupe de France s'est évanoui mercredi, l'OM, 4e de L1, peut en effet encore espérer finir sur le podium en championnat et aller directement en Ligue des champions, puisque son succès de dimanche dernier face à Lyon l'a ramené à deux longueurs de son rival olympique. Mais peut-on vraiment viser haut en étant si facilement menacé et transpercé ?
"Le doute, vous avez le droit de l'avoir mais moi je ne l'ai pas", a répondu Habib Beye vendredi.
- Eviter le traumatisme -
"Les buts encaissés, ça existe depuis très longtemps. En un an, jour pour jour, l'OM n'a réussi que neuf clean-sheets. Donc c'est un axe de progression. On prend beaucoup trop de buts pour avoir une continuité de performance", a-t-il ajouté.
"Cela nous oblige à en mettre trois et c'est impossible de trouver comme ça la sécurité et l'apaisement ou d'éviter les scénarios des buts encaissés en fin de match", a aussi noté Beye, en référence à un autre défaut récurrent de l'OM cette saison.
"Il ne faut pas que ça devienne un traumatisme qui reste dans les têtes et je dois donner un maximum d'énergie et de confiance à mon groupe", a développé le nouveau coach marseillais.
Alors qu'il a évoqué la possibilité d'un retour à une charnière à trois et insisté sur la nécessité de considérer la défense comme "une logique collective", Beye a tout de même reconnu que l'OM devait faire mieux sur les phases statiques au moment de retrouver Toulouse, qui a marqué sur deux corners mercredi et sur une touche longue lors de la phase aller.
"Il y a un axe de progression énorme sur coups de pied arrêtés, où on a été défaillants, c'est très clair. Toulouse a eu cinq occasions, dont quatre sur corner. On doit être bien meilleurs et agressifs dans ces zones de vérité", a-t-il expliqué.
C.Noh--SG