F1: premiers éléments de réponse attendus à Melbourne pour le top départ de la saison
Une "Formule électrique sous stéroïde", comme le craint Verstappen ? Des Mercedes dominantes ? Des relations toujours tendues entre Norris et Piastri chez McLaren ? Les questions sont multiples avant le premier GP de la saison d'une F1 qui a révolutionné ses règlements techniques.
Après des essais hivernaux qui ont ressemblé à une partie de poker menteur, quatre écuries semblent disposer d'une longueur d'avance et vont abattre leurs premières cartes dimanche à Melbourne.
Un quarté peut-être gagnant, mais dans quel ordre ? Mercedes, McLaren, Ferrari et Red Bull ont accumulé les kilomètres sans gros problèmes durant les séances d'essais à Bahreïn, mais toutes se renvoient la balle à l'heure de désigner un favori.
Le mot d'ordre, pour tout le monde, est aussi de dédramatiser ce Grand Prix d'Australie, premier des 24 rendez-vous prévus cette saison. Car il est considéré par beaucoup d'abord comme une bonne occasion d'améliorer la compréhension de ces nouvelles monoplaces désormais équipées d'un moteur 50% thermique et 50% électrique.
"Kimi (Antonelli) et moi sommes très contents de la voiture, qui a l'air bonne, tout comme le moteur. Mais nous avons été très surpris par les moteurs de certains concurrents qui ont l'air aussi très performants", affirme ainsi le Britannique George Russell, leader de l'écurie Mercedes, considérée par beaucoup d'observateurs comme celle disposant du meilleur bloc moteur.
- Norris optimiste -
Même son de cloche chez McLaren, pourtant double tenant du titre chez les constructeurs et qui avait réussi le doublé il y a trois mois avec la couronne des pilotes arrachée par le Britannique Lando Norris.
"On va attendre de voir ce que ça donne car le règlement est vraiment différent. Ce serait très optimiste de dire qu'on aura le même niveau qu'il y a un an. Je pense qu'on est dans le peloton de tête, mais lors des essais Mercedes et Ferrari semblaient un peu devant nous et Red Bull aussi", a prudemment estimé le local de l'étape, Oscar Piastri, qui visera dimanche une première victoire à domicile sur le tracé de l'Albert Park.
Norris, lui, s'est montré optimiste même s'il ne s'attend pas à être devant et il a affiché sa vision à long terme.
"Même si nous sommes les deuxièmes, troisièmes ou quatrièmes plus rapides, je ne pense pas que l'on pourra dire que c'est un mauvais début. Cela reste une bonne position. Ces dernières années, ce n'était pas facile d'améliorer la voiture en cours de saison, mais on a prouvé que c'était possible. Et celle-ci sera encore longue, très longue", a souligné l'Anglais.
Le quadruple champion du monde Max Verstappen, féroce détracteur de la nouvelle réglementation qui, selon lui, a transformé les Formules 1 en Formules E (électriques), considère lui aussi que son équipe n'est pas la mieux placée.
- Nombreuses inconnues -
"Je n'ai aucune idée d'où on se situera... Ces nouvelles règles sont très compliquées mais en terme de sensations dans la voiture et avec les ingénieurs, je me suis senti à l'aise lors des essais. On espère être plus performants car à Bahreïn nous n'étions pas les plus rapides", a fait valoir +Mad Max+.
Ferrari arrive de son côté sur la pointe des essieux et tente de la jouer profil bas, mais ses innovations aperçues à Bahreïn, ont impressionné la concurrence.
Les trois séances d'essais libres, deux vendredi et une samedi, seront donc importantes avant les qualifications samedi après-midi, durant lesquelles les écuries vont enfin lâcher les chevaux pour la première fois.
Et encore, entre la procédure de départ plus complexe et la gestion de l'énergie électrique, élément essentiel de la performance cette année, la hiérarchie des qualifications pourrait bien déboucher ensuite sur un classement très différent à l'issue de la course.
Derrière le quatuor de favoris, les autres écuries espèrent grappiller des points, même si Aston Martin semble devoir vivre un début de saison cauchemardesque. Son moteur Honda provoque pour l'heure d'intolérables vibrations, qui pourraient provoquer des lésions nerveuses chez les pilote, lesquels pourraient donc devoir s'arrêter au bout de quelques tours de course seulement.
A l'approche du coup d'envoi de la saison, les inconnues demeurent donc nombreuses dans le paddock.
A.Kim--SG