
Mondial féminin de rugby: "J'espère qu'on va élever notre curseur", affirme le pilier des Bleues Assia Khalfaoui

"J'espère qu'on va élever notre curseur", a affirmé à l'AFP le pilier droit de l'équipe de France Assia Khalfaoui, partagée entre le "soulagement" et "la frustration" après la victoire contre l'Italie et avant la deuxième rencontre du Mondial-2025 face aux modestes brésiliennes dimanche.
QUESTION: Quel est l'état d'esprit du groupe après la victoire inaugurale face à l'Italie (24-0)?
REPONSE: "Il y a forcément du soulagement parce qu'on savait que l'équipe d'Italie n'est vraiment pas facile à jouer (…), donc il y avait un peu de crainte, on sortait d'une contreperformance contre l'Angleterre (40-6). Mais c'est sûr qu'on est soulagées d'avoir gagné. Après, il y a un peu de frustration quand même parce qu'on laisse passer beaucoup de ballons dans ce match, beaucoup de points, mais ce n'est que partie remise et j'espère qu'on va élever notre curseur là-dessus. (…) On met 24 points, mais je pense que ce n'est rien par rapport à ce qu'on aurait pu réellement marquer, donc ça devient vite frustrant parce qu'on veut mettre du jeu en place."
Q: Comment abordez-vous ce match face au Brésil, une équipe modeste que vous connaissez peu ?
R: "C'est un adversaire qui va nous permettre d'élever notre niveau sur le projet offensif, mais ce qui est assez compliqué, c'est que c'est une équipe qu'on ne connaît pas du tout ou très peu. C'est une équipe qui joue vraiment au feeling, elles n'ont pas l'air d'avoir un projet de jeu abouti, donc c'est dur de pouvoir les lire. On va vraiment se concentrer sur nous-mêmes, éviter tous ces déchets qu'on a pu avoir, ça va être un gros travail sur nous aussi."
Q: Comment vivez-vous votre statut de cadre bien installée à seulement 24 ans ?
R: "C'est vrai qu'à 24 ans, avoir pas mal de sélections (32, NDLR), être l'une des plus +anciennes+ parce qu'on est un groupe assez jeune, c'est difficile à croire. Si je reprends ma Coupe du monde 2022, j'ai commencé sur le banc et c'est allé crescendo. Quand je vois le parcours accompli, c'est vrai que c'est allé vite. J'ai la chance d'être bien entourée, et c'est vrai que 24 ans pour le poste de pilier, ça reste aussi assez jeune, c'est le début de la fleur de l'âge de ce poste."
Q: Est-ce que le fait de vivre votre deuxième Mondial vous permet de le vivre plus sereinement ?
R: "J'ai envie de dire que c'est un peu l'inverse, parce que la première Coupe du monde, t'es jeune, donc t'es un peu +fofolle+, tu ne te rends pas compte de tout ça. Alors que là, une deuxième Coupe du monde, forcément, tu prends conscience de ce qui t'entoure, de l'ampleur que c'est, donc je pense qu'il y a quand même un peu plus de pression. Et puis quand tu prends de l'expérience, on t'attend aussi, donc réussir à garder la tête sur les épaules, c'est pas toujours évident."
Q: La pilier gauche Yllana Brosseau disait qu'elle s'occupait des rucks et vous des ballons, d'où vous vient ce profil de pilier très joueuse, à l'aise ballon en main ?
R: "C'est à cause ou grâce au choix de mon frère. Quand j'ai commencé le rugby, c'était grâce à lui, il m'a toujours dit +c'est un jeu profite+, il a toujours été dans ce profil, à faire des pas de l'oie, des chisteras, à être très joueur, donc il m'a donné un peu cet ADN. Ça a été ma ligne de mire, sur toutes mes années de rugby. Oui, je fais du rugby, c'est mon travail, mais j'ai aussi envie de prendre du plaisir, et quand je prends du plaisir, c'est là que je peux apporter à l'équipe. Les piliers dont on entend le plus parler, c'est soit par leur puissance, soit des profils assez joueurs. Et je pense que niveau puissance, je suis un peu inférieure comparée à d'autres profils, à Yllana, à Rose (Bernadou). Donc j'essaie de m'en sortir par mon aspect technique."
W.Sim--SG