L'Indonésie peine à maîtriser des incendies, les fumées affectent la région
L'Indonésie peine toujours à maîtriser les feux de forêt qui ravagent depuis plusieurs semaines certaines régions de Sumatra et de Bornéo, malgré le déploiement d'importants moyens, ont admis lundi les autorités.
Depuis début septembre, les incendies à Bornéo et à Sumatra recouvrent de fumées toxiques certaines parties du pays et s'étendent désormais à la Malaisie voisine, à Singapour jusqu'aux Philippines et même au Vietnam.
La Malaisie a par ailleurs lancé lundi des opérations d'ensemencement des nuages dans trois États du sud du pays, afin de déclencher des pluies pour "garantir la continuité de l'approvisionnement et la pérennité des ressources en eau" et "pour faire face aux épisodes de brouillard" toxique, a annoncé le service météorologique malaisien.
Lundi, plusieurs villes malaisiennes ont de nouveau enregistré des niveaux de pollution atmosphérique nocifs pour la santé, notamment la capitale Kuala Lumpur, où les habitants se plaignent de difficultés respiratoires, de maux de tête et d'irritations oculaires.
En Indonésie, le gouvernement, qui a déployé 64 appareils et 54.000 personnes depuis le mois d'août, indique que "tout est mis en oeuvre" pour éteindre "les feux de forêt et de terre" par des "largages d'eau", "protéger la population" et "réduire l'impact de la fumée".
"L'immensité du territoire et les difficultés posées par les tourbières posent de sérieux problèmes pour lutter contre les feux de forêt et de brousse dans diverses régions d'Indonésie", a précisé le secrétaire du Conseil des ministres, Teddy Indra Wijaya, dans un communiqué.
Pour l'agence de prévention des catastrophes du Kalimantan occidental, l'une des provinces de Bornéo parmi les plus touchées, les opérations sont compliquées par la profondeur variable des feux dans les tourbières, ainsi que par des "ressources en eau limitées".
Face à une "catastrophe qui se produit chaque année", des groupes d'habitants autochtones du Kalimantan occidental et de la société civile ont intenté une action collective contre les autorités, qu'ils accusent de manquements dans les efforts de prévention.
Face à la mauvaise qualité de l'air à Bornéo, le gouvernement a été contraint fin août de fermer des écoles, contraignant plus d'un demi-million d'élèves à étudier à domicile. Selon les autorités sanitaires de Bornéo, citées par l'agence de presse indonésienne Antara, la province a enregistré plus de 70.000 cas d'infections des voies respiratoires ces derniers mois.
Le Japon a envoyé la semaine dernière plus de 350 militaires pour lutter contre les incendies à Bornéo. La Malaisie a aussi annoncé samedi l'envoi d'un avion, d'hélicoptères et de dizaines de pompiers en renfort.
L'Indonésie connaît régulièrement de tels incendies durant la saison sèche, qui s'étend généralement de juillet à octobre, mais ils sont plus intenses cette année, en partie du fait d'un épisode marqué du phénomène météorologique El Niño.
Selon les Nations unies, ce dernier devrait être le plus puissant jamais enregistré en quatre décennies.
Plus de 202.000 hectares de terres ont brûlé à travers le pays entre janvier et juillet, selon les chiffres les plus récents du gouvernement. L'Atlas Nusantara, plateforme qui documente notamment les feux de forêt, évalue de son côté à 300.000 hectares la superficie brûlée pour cette même période, un chiffre qui monte à 895.657 hectares avec le mois d'août inclus.
Les experts mettent également en cause le changement climatique, ainsi que des décennies de dégradation des forêts et les pratiques de défrichement par brûlis, qui ont altéré des paysages naturellement résistants au feu.
A.Byun--SG