Les Bourses mondiales entre records et attentisme
Les Bourses mondiales continuent de battre quelques records mercredi dans l'espoir d'un énième accord Iran/Etats-Unis pour la réouverture du détroit d'Ormuz.
En Europe à la clôture, Paris (+0,03% à 8.669,30 points) a amélioré son record de la veille tout comme Madrid (+0,17% à 20.057 points) avec la progression de sa première capitalisation (Inditex/Zara +0,55%).
Signe d'une journée contrastée malgré la stabilité globale des prix du pétrole autour de 79 dollars le baril, Francfort (-0,29%) et Milan (-0,18%) sont redescendus de leur sommet atteint la veille.
A Francfort, le fabricant de semi-conducteurs Infineon (-5,71%) a tiré le DAX vers le bas.
"Les discussions entre l'Iran et les États-Unis restent fragiles et aucun accord n'est attendu à court terme", explique le spécialiste de Francfort Andreas Lipkow de CMC Markets.
"Les rebelles houthis durcissent leur position en mer Rouge et menacent de nouvelles perturbations du trafic pétrolier, reléguant au second plan l'euphorie boursière", ajoute-t-il.
Londres a fini en équilibre positif (+0,08%) grâce à la minière Endeavour (+5,46%) dopée par la hausse de l'or.
"Ces dernières semaines, les occasions ont été rares où le contexte géopolitique et macroéconomique a soutenu l'appétit pour le risque, mais aujourd'hui fait partie de ces exceptions", estime Kathleen Brooks de XTB, spécialiste de la Bourse de Londres.
A New York, le Dow Jones améliorait son record de la veille (+0,82% vers 16H30 GMT), le S&P 500 revenait à l'équilibre (+0,02%) mais le Nasdaq décrochait (-0,36%).
La volatilité de la tech se rappelle au souvenir des investisseurs: l'action de SpaceX, l'une des plus fortes capitalisations mondiale, perdait 8,24% au lendemain de la publication de ses premiers résultats.
Un des symboles de la course à l'IA, l'entreprise d'Elon Musk a annoncé un chiffre d'affaires de 7,8 milliards de dollars au deuxième trimestre (+92% sur un an) et une perte nette ramenée à 541 millions, très en-dessous de l'anticipation des analystes.
"Le point faible est l'absence de perspectives détaillées sur les revenus futurs, les coûts et le niveau de capex (capital d'investissement)", résume l'analyste John Plassard de Cité Gestion.
- Le pétrole arrête sa baisse -
L'Iran a indiqué mercredi avoir trouvé un accord avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit stratégique d'Ormuz, point de passage de 20% de la production pétrolière mondiale.
Vers 16H00 GMT, le pétrole restait stable après sa forte baisse de la veille. Le Brent progressait légèrement (+0,13% à 79,46 dollars). Le WTI américain continuait de baisser (-0,37% à 75,49 dollars).
Les risques de pénurie du carburant de l'économie mondiale semblent se dissiper. Aux Etats-Unis, les stocks commerciaux ont gonflé d'environ 2,5 millions de barils sur la période de sept jours achevée le 31 juillet, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
"En août, mois traditionnellement marqué par des volumes de transactions plus faibles, les marchés devraient rester sensibles aux aléas géopolitiques et aux décisions des banques centrales", résume Gilles Guibout, responsable des actions européennes chez BNP Paribas AM.
- Les taux stables, l'or s'envole -
Dans un début de boucle vertueuse, la baisse du pétrole a permis de relâcher les risques d'inflation, donc la tension sur les taux d'intérêt, avant la réunion des banquiers centraux à Jackson Hole fin août.
Vers 16H00 GMT, les bons américains à dix ans affichaient un rendement de 4,63%, en très légère hausse par rapport à la veille (4,61%).
Pareil en Europe, avec les rendements du "Bund" allemand à 10 ans (3,11% contre 3,10%) et des obligations françaises de même maturité (3,90% contre 3,88% la veille).
Anticipant une politique monétaire plus souple que prévu de la part de la Réserve fédérale, l'or est monté fortement mercredi, sur fond de recul du dollar.
Vers 15H40 GMT (17H40 à Paris), l'or prenait 4,39% à 4.257,02 dollars, au plus haut depuis mi-juin. Le billet vert cédait 0,16% face à la monnaie unique européenne à 1,1550 dollar pour un euro et perdait 0,12% contre la livre à 1,3468 dollar.
"Les prix des métaux précieux n'ont pas joué leur rôle de valeur refuge depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient", rappelle Kathleen Brooks. "Ainsi, une percée (dans les négociations, ndlr) pourrait prolonger la récente hausse du cours de l'or".
D.Sunwoo--SG