France: l'électrique dépasse un tiers des ventes de voitures neuves en juillet
Plus d'un tiers des voitures neuves vendues en juillet en France étaient électriques, illustrant l'accélération des ventes de cette motorisation, soutenue par les politiques publiques, dans un marché des automobiles neuves en hausse de 9%, mais encore très éloigné de ses niveaux d'avant-Covid.
Les ventes de véhicules neufs ont augmenté de 9% en juillet (par rapport à juillet 2025), avec 126.808 immatriculations, a annoncé samedi la Plateforme automobile (PFA), qui rassemble constructeurs, équipementiers et fournisseurs en France.
Cette progression est liée à un effet de comparaison favorable avec le mois de juillet 2025 "qui a tenu un plus bas historique", a souligné un porte-parole de la PFA, interrogé par l'AFP.
Les voitures 100% électriques ont représenté 35% des immatriculations en juillet, soit 44.378 véhicules, contre 48% pour les hybrides.
Depuis le début de l'année, les électriques ont capté 29% du marché, une hausse de 70% par rapport à la même période de l'an dernier.
"La progression du segment 100% électrique est une tendance qui se dessine depuis le début de l'année dans un marché qui est globalement à la peine. C'est le seul segment à être soutenu avec les aides à l'achat, l'obligation faite aux flottes d'entreprises de s'électrifier, le leasing social qui arrive", a expliqué le porte-parole de la PFA auprès de l'AFP.
Cette hausse des ventes de véhicules électriques survient après le lancement, le 16 juillet, de la troisième édition du leasing social, dispositif d'aide à l'acquisition de voitures électriques destiné aux ménages modestes.
"Le lancement du nouveau leasing social et son effet d'entraînement sur les offres des constructeurs, créent un environnement qui accélère la transition vers l'électrique, confirmant cette trajectoire engagée depuis le début de l'année", a déclaré Marie-Laure Nivot, analyste du marché automobile chez AAA Data, citée dans un communiqué.
Le leasing social, lancé le 16 juillet dernier pour 50.000 voitures électriques à loyers inférieurs ou égaux à 200 euros par mois, ajoute une aide rehaussée allant jusqu'à 9.000 euros pour les ménages les plus modestes, dans le cas d'une voiture produite en Europe y compris la batterie.
La Renault 5 (3.794 unités) domine le classement des voitures neuves vendues en juillet, suivie du modèle Renault Scenic V (2.910), de la Renault Twingo IV (2.564) et du Tesla Model Y (2.401).
- "Classe moyenne exclue" -
Les marques chinoises ont représenté 8% des immatriculations en juillet, avec 9.935 véhicules neufs vendus, BYD, Xpeng et Leapmotor ayant plus que doublé leurs volumes sur un an, selon AAA Data.
"C'est la tendance, en France comme en Europe: les acteurs historiques qui sont globalement en recul (...) et on a des très fortes progressions des constructeurs chinois", a relevé le porte-parole de la PFA.
Malgré ce rebond en juillet, le marché des voitures neuves reste très en deçà de ses niveaux d'avant la pandémie du Covid, avec des volumes vendus inférieurs de plus d'un quart à ceux de juillet 2019.
"Le marché s'est considérablement réduit et est en crise", a noté le porte-parole de la PFA. Les immatriculation ont ainsi chuté de 26% par rapport à juillet 2019.
Depuis le début de l'année, 983.974 voitures particulières neuves ont été immatriculées en France, soit une hausse de 2,65% par rapport à la même période de 2025.
Quant aux perspectives pour le reste de l'année, "elles sont orientées principalement sur la base des données macroéconomiques qui ne sont pas favorables" et "il y a beaucoup d'incertitudes", a indiqué le porte-parole de la PFA.
S'appuyant sur une récente étude réalisée avec le cabinet de conseil international Roland Berger, il a cité parmi les principaux freins à l'achat la "réglementation CO2 européenne associée à la fiscalité en France", ce qui contribue à "renchérir les prix" des voitures.
"Cette hausse des prix a exclu une très large partie de la classe moyenne du marché automobile", a-t-il ajouté.
Les ventes des deux principaux constructeurs automobiles français sont restées orientées à la hausse en juillet. Les immatriculations du groupe Renault ont progressé de 9,5%, celles de Stellantis de 7,2%.
Chez Renault, la marque éponyme a bondi de 21,9%, compensant le recul de Dacia (-10,9%), tandis que chez Stellantis, Citroën (+17,3%) et Fiat (+53,5%) ont tiré la croissance, Peugeot avançant de 6,7%.
L.Shin--SG