Explosions et coupures de courant à Téhéran, Trump menace d'"anéantir" des sites énergétiques iraniens
Une partie de Téhéran s'est réveillée mardi sans électricité après de fortes explosions dans la capitale de l'Iran, qui a de nouveau attaqué Israël et le Golfe après que Donald Trump a menacé d'"anéantir" ses infrastructures énergétiques si les discussions entre Washington et Téhéran n'aboutissaient pas "rapidement".
L'agence de presse Fars a évoqué "plusieurs explosions" et des pannes de courant "dans certaines parties" de Téhéran, quand l'agence Tasnim a mentionné des explosions dans l'est et l'ouest de la capitale, ainsi que des perturbations de l'approvisionnement en énergie dans l'est - ensuite résolues, d'après elle.
L'armée israélienne avait, peu avant, appelé les habitants d'un quartier résidentiel à rester à l'abri en prévision d'une attaque contre "une infrastructure militaire". Engagé aux côtés de Washington, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait estimé lundi que plus de la moitié de ses objectifs de guerre étaient remplis, sans s'avancer sur un calendrier. Et d'ajouter: "je pense que ce régime va s'effondrer de l'intérieur".
Continuant de souffler le chaud et le froid après plus d'un mois d'une guerre qui a ébranlé l'économie mondiale, Donald Trump a menacé quant à lui lundi l'Iran de s'en prendre à ses sites énergétiques si leurs discussions n'aboutissaient pas "rapidement" et si le détroit d'Ormuz, essentiel au trafic mondial d'hydrocarbures et presque entièrement bloqué par l'Iran, n'était "pas immédiatement" rouvert.
Le président américain a évoqué comme cibles l'île de Kharg, haut-lieu du pétrole iranien, mais aussi ses centrales électriques, puits de pétrole, et "peut-être toutes les usines de dessalement" du pays, sur son réseau Truth Social. Dimanche, il avait déjà évoqué une possible opération terrestre pour s'emparer du terminal de Kharg et "prendre le pétrole" iranien.
Malgré ces menaces, l'Iran a continué dans la nuit de faire feu au Moyen-Orient, où la guerre a fait des milliers de morts depuis l'attaque américano-israélienne sur l'Iran du 28 février.
Un journaliste de l'AFP a entendu au moins 10 explosions au-dessus de Jérusalem, après l'émission d'une alerte aux missiles iraniens par l'armée israélienne. La radio-télévision d'Etat iranienne Irib a, elle, annoncé le tir de missiles en direction d'Israël.
A Dubaï, une attaque iranienne a visé un pétrolier sous pavillon koweïtien, selon l'agence du Koweït citant la société pétrolière nationale. L'Al-Salmi "était entièrement chargé", un incendie s'est déclaré à bord et sa coque a été endommagée, a ajouté la même source, sans signaler de blessés.
Quatre personnes ont aussi été blessées dans l'émirat par la chute de débris lors d'une interception de la défense aérienne, quand l'Arabie saoudite a dit, elle, avoir intercepté huit missiles balistiques sans préciser leur provenance.
"L'Iran respecte le Royaume d'Arabie saoudite", avait assuré plus tôt le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi sur X, "nos opérations visent les agresseurs ennemis qui n'ont aucun respect pour les Arabes ou les Iraniens (...) Il est grand temps d'expulser les forces américaines".
- "Enormes progrès" -
Les Bourses asiatiques ont été marquées mardi matin par un regain d'optimisme, dans le sillage d'un article du Wall Street Journal, avant de refluer à nouveau. Le pétrole, lui, restait au-dessus des 100 dollars vers 04H40 GMT.
Selon le quotidien américain, Donald Trump aurait dit à ses conseillers être prêt à interrompre sa campagne militaire, estimant que forcer la réouverture du détroit d'Ormuz prolongerait le conflit "au-delà de son calendrier de quatre à six semaines".
D'après le WSJ, Washington voudrait tenter d'obtenir de Téhéran par la voie diplomatique le déblocage de cette voie de passage stratégique, par où transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux. En cas d'échec, M. Trump prévoirait de solliciter ses alliés d'Europe et du Golfe pour forcer sa réouverture, ont dit des responsables américains au quotidien.
"D'énormes progrès ont été réalisés" dans les discussions "sérieuses" avec l'Iran, a assuré lundi le président américain, sur Truth Social. Son chef de la diplomatie, Marco Rubio, s'est dit optimiste sur la possibilité de pouvoir travailler avec des interlocuteurs - non identifiés - du pouvoir iranien, après "quelques échanges" positifs.
Mais à rebours des exigences de Donald Trump, une commission parlementaire iranienne a approuvé lundi un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par le détroit, selon des médias d'Etat. Et le texte inclut une "interdiction de passage" pour les Etats-Unis et Israël.
A New York, l'ONU tiendra mardi à 14H00 GMT une réunion d'urgence de son Conseil de sécurité après la mort de trois Casques bleus indonésiens de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul), des "incidents gravissimes" condamnés "avec la plus grande fermeté" par la France, à l'origine de cette requête.
Deux ont été tués lundi dans "une explosion d'origine inconnue" dans le sud du pays. Un autre était mort dimanche après l'explosion d'un projectile d'origine inconnue dans la zone frontalière.
Le Liban a été entraîné dans la guerre par une attaque le 2 mars du mouvement pro-iranien Hezbollah contre Israël. Les frappes israéliennes y ont tué plus de 1.200 personnes, et en ont blessé plus de 3.600, selon le dernier bilan du ministère de la Santé.
L'armée israélienne a, elle, perdu 10 soldats au total, avec la mort annoncée mardi de quatre de ses militaires dans un même "incident" au Sud-Liban.
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O.Na--SG