Les murs du BHV vendus par Galeries Lafayette au canadien Brookfield
Epilogue de la vente des murs du BHV, mythique magasin parisien: le groupe Galeries Lafayette a annoncé mercredi en avoir "finalisé" la cession, alors que le groupe SGM de Frédéric Merlin, un temps candidat au rachat, continuera d'en assurer l'exploitation.
Selon une source proche du dossier à l'AFP, l'investisseur en question est le gestionnaire d'actifs canadien Brookfield Asset Management. Le groupe SGM, cofondé par Frédéric Merlin, qui a racheté le fonds de commerce du BHV en 2023, "poursuivra l'exploitation du BHV et le développement du grand magasin", indique le groupe Galeries Lafayette dans un communiqué.
De son côté, la SGM "se félicite de pouvoir bénéficier du savoir-faire de ce partenaire" qui permettra, selon elle, "la réhabilitation totale du bâtiment", a-t-elle réagi dans un communiqué.
Ce rachat intervient alors que le grand magasin parisien traverse de multiples turbulences ces derniers mois, se trouvant notamment au coeur d'une polémique née de la décision de Frédéric Merlin d'accueillir dans ses murs le géant asiatique du commerce en ligne Shein.
L'arrivée de Shein, symbole de la mode ultra-éphémère, accusée de nombreux maux (concurrence déloyale, pollution, non-respect des droits humains...), au sein de l'emblématique Bazar de l'Hôtel de Ville, a fait un tollé dans le monde politique et rendu impossible le rachat des murs par le groupe SGM.
Car initialement, Frédéric Merlin était sur les rangs pour racheter les murs du BHV: son groupe était lié aux Galeries Lafayette par une promesse de vente, mais le tour de table s'est avéré plus difficile que prévu, en particulier après que SGM a été lâché par la Banque des territoires.
L'entité, qui appartient à la Caisse des dépôts, un temps en négociations avec SGM pour la création d'une foncière commune pour le rachat des murs de l'emblématique Bazar de l'Hôtel de Ville, s'est finalement retirée de l'affaire après avoir pris connaissance "sans aucune information préalable" du partenariat décidé entre Shein et le BHV, déplorant une "rupture de confiance" entre les deux parties.
- Difficultés d'exploitation -
Le groupe Galeries Lafayette a finalement arrêté son choix sur le fonds canadien Brookfield Asset Management, géant de la gestion d'actifs nord-américain, dans les conditions qui avaient été proposées au groupe SGM.
Galeries Lafayette est de toute façon durablement brouillée avec Frédéric Merlin: refusant de voir son nom associé à Shein, le groupe a rompu son contrat avec la SGM concernant sept magasins de province - rebaptisés BHV.
Le groupe Galeries Lafayette souligne cependant la "logique de continuité et de partenariat" dans laquelle "s'inscrit" la cession finalisée mercredi, confirmant la poursuite de l'exploitation du magasin par la SGM.
Frédéric Merlin fait néanmoins face à plusieurs difficultés: d'une part, le départ du BHV de nombreuses marques (Dior, Sandro, Guerlain, etc.) en raison d'une accumulation d'impayés ou par opposition à Shein.
D'autre part, Shein semble avoir du mal à trouver son public au sein du BHV: si 5.000 visiteurs minimum viennent chaque jour au magasin Shein depuis son ouverture début novembre, peu ont acheté, reconnaissait Frédéric Merlin mi-janvier devant le Sénat.
Dans un entretien mi-décembre au magazine spécialisé LSA, le dirigeant a dévoilé ses nouveaux projets pour le BHV avec notamment une halle alimentaire de 1.000 m2 en juin 2026, la création d'une marque BHV, l'implantation d'un restaurant de type "bouillon" ou encore une offre de parapharmacie.
Loin d'être refroidi par la polémique, le patron du BHV entend également donner plus de place aux produits Shein, qui occupent déjà un espace de plus de 1.000 m2.
L.Shin--SG