La Hongrie a enfreint le droit européen en retirant des ondes une radio, selon la justice européenne
La Cour de justice de l'Union européenne a jugé jeudi que la Hongrie a enfreint le droit communautaire en refusant de renouveler l'autorisation d'émettre d'une importante radio indépendante, souvent critique à l'égard du Premier ministre Viktor Orban.
Le dirigeant nationaliste, qui fait face au défi le plus difficile de ses 16 années au pouvoir avec des élections législatives prévues en avril, a restreint les droits civils, notamment en entravant le fonctionnement des médias indépendants.
Klubradio n'a plus le droit de diffuser que sur internet depuis 2021, après avoir perdu son recours en justice pour conserver son autorisation de diffusion. La Commission européenne a engagé une procédure contre la Hongrie à ce sujet.
"Dans son arrêt, la Cour accueille la plupart des griefs de la Commission et constate que la Hongrie a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu du droit de l'Union", a déclaré la Cour de justice de l'Union européenne dans un communiqué.
Selon la même source, la Hongrie a enfreint plusieurs principes, notamment la liberté d'expression et d'information.
La Cour note que "la loi hongroise sur les médias exclut automatiquement le renouvellement des droits de radio fréquences (...) même lorsque les infraction sont mineures, purement formelles et ont été déjà sanctionnées et corrigées".
La Hongrie a ainsi "violé la liberté d'expression et d'information (...) de la charte des droits fondamentaux", souligne la Cour.
Klubradio, qui a commencé à émettre dans les années 1990, a dû mener une série de batailles juridiques pour rester à l'antenne peu après le retour au pouvoir de M. Orban en 2010. Pendant plusieurs années, elle a fonctionné avec des licences à court terme renouvelables.
Le régulateur des médias NMHH, dont les dirigeants sont proches du parti au pouvoir Fidesz d'Orban, insiste sur le fait que ses décisions ne sont pas motivées par des considérations politiques, affirmant en 2020 que Klubradio avait enfreint à plusieurs reprises des règles administratives.
Sous le régime d'Orban, la plupart des médias indépendants ont soit fermé leurs portes, soit été rachetés par des proches du gouvernement. Les médias publics ont quant à eux été accusés de se transformer en organes de propagande du gouvernement.
A l'approche des élections législatives du 12 avril, le parti d'opposition Tisza est en tête des sondages, dans un contexte de stagnation économique et de mécontentement croissant de la population à l'égard des services publics.
J.Lim--SG